• Marie Bartoleschi

Qui essayons-nous de sauver ?

Dernière mise à jour : 5 oct. 2020



La posture du sauveur est extrêmement séduisante. Elle est flatteuse pour l'égo et en nous glissant dans cet archétype nous répondons à nos besoins de reconnaissance et de valorisation. Les contreparties inconscientes sont nombreuses lorsque nous nous positionnons en héros.

Mais finalement pourquoi sommes nous animé par cette impérieuse nécessité de solutionner la situation de l'autre ? Que fuyons nous en revêtant cet archétype ?


En sauvant l'autre, nous nous protègeons du sentiment de vulnérabilité qu'il nous reflète. En concentrant notre énergie sur quelqu’un d’autre et ses besoins, nous bypassons notre propre anxiété et nos propres problèmes. Si nous le sauvons, nous n'avons plus à nous confronter à l'impuissance auquel il nous confronte. Nous lui donnons alors ce nous voudrions ardement recevoir.


Cette posture n'est pas sans conséquence. Lorsque nous prenons notre costume de sauveur, nous envoyons simplement le message inconscient à l'autre qu'il ne possède pas les ressources pour se prendre en charge lui-même. Nous prenons le pouvoir en pensant savoir ce qui est bon pour lui. La relation fleurit alors sur un terrain de déséquilibre toxique.


C'est aussi une source de frustration si nous ne récoltons pas toujours les louanges du "sauvé" pour nos offices de bon samaritain. A force de nous oublier dans la relation, nous perdons en estime de nous-même et en énergie. La satisfaction immédiate de valorisation est alors bien mince face au lourd tribu à long terme.


Pour sortir de cette position scénarisée inconsciemment, qui peut se répéter tout au long de notre existence et dans toutes les sphères de notre vie (amoureuse, professionnelle, amicale, familiale...), il est important de la conscientiser. Ce costume de super héros est souvent si habituel et codifié dans nos comportements que nous ne rendons plus compte lorsque nous nous le revêtons.


En apprenant à reconnaitre nos déclencheurs et surtout ce que nous tentons de fuir, nous pouvons ranger notre cape au placard et enfin nous autoriser à vivre dans toute notre humanité et notre vulnérabilité.




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