• Marie Bartoleschi

Un costume bien trop étroit

Dernière mise à jour : 28 sept. 2020



Lorsque l’on se sent différent des autres, atypique, décalé, la tentation est grande de jouer un rôle pour passer inaperçu. Un peu comme de mettre un costume de scène pour jouer la normalité, pour imiter ce qui nous semble acceptable et aimable aux yeux du monde.


Il est plutôt sain de garder une certaine forme de contrôle en société et de réserver plus de spontanéité à d’autres moments. Tout est une question d’équilibre. Cependant, le risque est grand de voir ce costume devenir trop étroit, trop figé et se transformer en un mécanisme de défense. Au bout d’un moment, le costume peut même devenir une seconde peau au point qu’il est difficile pour la personne de savoir véritablement qui elle est et d’être en lien avec son monde intérieur. Le mal-être se renforce et le cercle vicieux s’entretient autour de l’idée qu’être soi-même n’est plus possible. Figé dans ce costume, il est aussi difficile d’entretenir des relations authentiques et profondes. L’autre décèle qu’il y a quelque chose d’incohérent et de travesti. Coupé de soi, l’on ne peut qu’être coupé de l’autre. L’être authentique qui étouffe sous cette seconde peau ne peut se nourrir dans le relationnel. Le système se renforce encore et encore et le mal-être aussi.  


D’un refuge sécurisant, le costume finit par devenir une prison étouffante.


C’est souvent lorsque l’on retire ce costume que l’on se rend compte de l’énergie nécessaire à son maintien : se contrôler en permanence, se contorsionner pour rentrer dans un costume mobilise presque toutes les ressources libres. Une énergie qui n’est plus disponible pour grandir de façon authentique. La personne se retrouve alors coupée de sa véritable puissance et de tout son potentiel de croissance.


C’est tout un processus de retrouver de l’espace et de la mobilité pour pouvoir se relier aux autres et à soi-même de façon authentique. Lorsque l’on a longtemps vécu en se travestissant, un espace sécuritaire est souvent nécessaire afin de se départir avec douceur et à son rythme des couches de suradaptation. Cependant, au coeur même de ce processus de réapropriation de soi l'on retrouve rapidement sa capacité de croître et de se relier.  

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