• Marie Bartoleschi

Trouver le chemin de ses émotions

Dernière mise à jour : 28 sept. 2020


Notre société ne nous apprend pas à accueillir et à comprendre nos émotions.

Nous finissons souvent par nous en couper afin de ne pas avoir à ressentir l’intensité de celles qui pourraient être inconfortables. Nous les mettons sous le tapis en pensant que cela règle le problème. Ni vu, ni connu !


Et pourtant, elles sont toujours là, elles grondent à l’intérieur attendant que nous les accueillions. Elles peuvent attendre ainsi sous le tapis indéfiniment, s’empilant les unes sur les autres. Il faut alors toujours plus d’énergie, de stratégies pour éviter ce qui pourrait les réactiver.


En nous dissociant de nos émotions, en nous en coupant, nous nous coupons de nous-même. C’est se faire une grande violence que de se nier ainsi.

Nos émotions sont aussi porteuses d’un message. Le mot « émotion », vient du latin « e movere », qui veut dire « ébranler », « mettre en mouvement ». Elles nous indiquent des actions à entreprendre : la colère nous signale qu’une limite a été bafouée, le dégout que nous sommes face à quelque chose de toxique, la peur que nous avons besoin de nous sécuriser… Derrière chaque émotion se cache un besoin émotionnel insatisfait : sécurité, paix, intégrité... C’est un appel à l’action, une boussole intérieure qui nous indique où aller et s’en couper est un chemin bien dangereux.  


Il existe un autre chemin : celui de les accueillir, de les ressentir, d’en prendre soin. Comme pour toute nouvelle route, en arpenter les contours peut-être très inconfortable. L’absence de passage en fait un chemin de ronces, de nature sauvage et envahissante. Cela demande beaucoup de courage de poser un pas après l’autre sans savoir ce que va rencontrer notre pas hésitant. Et puis, un jour, notre passage régulier a dessiné un espace sécurisant et nous pouvons alors ouvrir les yeux sur cette nature luxuriante et si riche. Avec le temps, nous n’emprunterions plus aucun autre passage que celui qui nous connecte à la richesse de notre vie intérieure et de nos fidèles émotions.  C’est alors avec délectation que nous jetons à la benne ce tapis usé qui ne nous sert plus à rien. Nous avons compris que le prix de la dissociation émotionnelle est tellement plus couteux que celui de faire face à l’inconfort de certaines émotions.


Il n’y a pas de sensation plus épanouissante que de se sentir, de se ressentir pleinement.

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