• Marie Bartoleschi

Troquer sa carapace pour une ossature solide

Dernière mise à jour : 28 sept. 2020



“Aucune âme n'est entièrement hors d'atteinte. Il existe toujours un moyen de percer la carapace des coeurs les plus endurcis.” Jean Filiatrault

Nous avons fondamentalement besoin de nous sentir en sécurité et englobés dans un cadre sécurisant. L’évolution naturelle et constructive est de recevoir ce cadre des personnes qui nous ont éduqué. En nous faisant grandir dans un cadre sécurisant et sain, elles nous permettent d’intégrer celui-ci et de bâtir en nous une structure solide sur laquelle nous pourrons nous reposer le reste de notre vie. Fort de cette conviction que nous sommes profondément en sécurité, nous pouvons expérimenter avec confiance dans l’inconnu.


Malheureusement, certaines personnes ne recevront pas ces fondations dans leur enfance et entrerons dans la vie de façon profondément insécurisante. Pour s’adapter à leur environnement et au danger perçu (réel ou imaginaire), elles développeront une carapace extérieure pour se mettre à l’abri.


Cette carapace ne permet pas le déploiement de l’être véritable qu’elle contient sur la durée. Elle a quelque chose de figé qui va contre notre tendance naturelle à l’expansion. Il faut alors toujours plus d’énergie pour contenir l'être et maintenir ce contenant qui devient vite trop étroit et peu évolutif. Elle ne permet pas non plus de rentrer profondément en connexion avec l’autre. Cette carapace se construit sur l’idée que l’extérieur, l’environnement mais aussi l’autre, sont des dangers dont il faut se prémunir.


Et que dire de la connexion à nous-même ? Elle nous coupe tout autant de notre être véritable que de l'autre. Nous finissons même par ne plus savoir comment nous définir en dehors de cette carapace tant nous sommes dissociés de notre vécu intérieur.

 

Cette carapace est un savant mélange de mécanismes de défenses, de suradaptation aux attentes de l’environnement et de dissociation émotionnelle.


Il est possible de faire le chemin inverse et de déconstruire cette carapace pour bâtir des fondations solides. Cela demande généralement l’interversion d’une autre personne afin de se sentir suffisamment en sécurité pour nous départir de cette carapace et nous monter dans notre vérité nue. L’être humain ne se guérit jamais aussi profondément que dans le lien à l’autre.


La personne peut alors construire des fondations, une sorte d'ossature intérieure qui permet l’expansion tout en procurant un sentiment de sécurité.


J’accompagne de façon générale l’intensité, qu’elle soit émotionnelle, intellectuelle, physique ou énergétique. Je vois beaucoup chez les hypersensibles des carapaces d’une dureté incroyable, qui peut laisser penser paradoxalement que ce sont des gens assez froids. C’est, la plupart du temps, le moyen qu’ils ont trouvé pour se sentir contenu dans leur intensité (surtout émotionnelle), qu'ils n’ont pas appris à canaliser de façon saine plus jeunes ou qu’un environnement toxique n’a pas permis de voir fleurir. Ils sont terrorisés par cette puissance et cette carapace leur sert à la fois de contenant et de moyen de s’en couper eux-mêmes.


Je peux constater à quel point cette carapace protectrice finit par devenir un mausolée en contenant de façon explosive leur intensité tout en ne leur permettant pas de connecter à leur vérité intime.


Le premier pas pour fissurer la carapace et s’autoriser à grandir est de prendre conscience de son existence et de la façon dont elle nous coupe de nous-même et des autres. Nous pouvons alors nous autoriser à expérimenter autre chose…


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