• Marie Bartoleschi

La tendance à vouloir être autosuffisant



Une des grandes tendances que je remarque chez mes clients en mode survie est la tendance à vouloir se "débrouiller" sans l'autre. Personnellement, j'ai aussi pu aller très loin dans ma volonté de me prendre en charge seule. Même lorsque j'ai été plus en contact avec mes émotions et ma croissance personnelle, j'ai gardé cette habitude de "gérer" mes prises de conscience toute seule. L'autre n'était jamais qu'un miroir de moi-même donc je me disais que j'avais à travailler sur moi sans jamais redonner à l'autre ses responsabilités ni chercher son soutien. Il m'a fallu un temps pour apprendre à fonctionner autrement.


Dans cet espace d'autosuffisance, nous nous isolons plutôt que de chercher du réconfort auprès de l'autre, car cela nous demande de nous montrer dans toute notre vulnérabilité. Malgré toutes nos tentatives pour rester autosuffisant, il nous faut comprendre que les plus grandes et profondes guérisons ne s'impulsent que dans l'amour et le lien à l'autre. Nous cultivons souvent la croyance que la vraie liberté ne s'acquiert que dans l'autonomie totale et dans l'absence de contrainte liée à l'autre.


Et c’est là tout le paradoxe qui fait que finalement nous gagnons notre liberté dans l'engagement à l'autre. C'est dans cet espace que nous trouvons la sécurité et le terrain solide pour nous déployer dans toute notre liberté d'être authentique à nous-mêmes.

En voulant nous protéger préventivement de toute nouvelle blessure émotionnelle, nous nous privons de vivre pleinement et de nous nourrir dans le lien à l'autre. L'être sociable et sensible en nous finit par étouffer peu à peu et se dessécher sous sa carapace préventive.


Ce conditionnement proche de la survie finalement nous coupe de l'abondance. Il cache une profonde insécurité relationnelle qui ne relève pas véritablement d'une vraie autonomie affective. Pour moi, il y a une vraie différence entre l'autonomie personnelle et l'isolement relationnel. La tendance à vouloir être autosuffisant est souvent l'histoire que nous nous racontons afin de ne pas avoir à regarder les souffrances relationnelles qui sont les nôtres et qui nous poussent à fuir l'autre. La différence est subtile, mais tellement importante.


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