• Marie Bartoleschi

L'attachement à nos blessures

Dernière mise à jour : 31 oct. 2020


« Avant de guérir quelqu’un, demandez-lui s’il est prêt à abandonner les choses qui le rendent malade" Hippocrate

Nous n’avons pas forcement conscience à quel point nous sommes parfois attachés à nos blessures. Nous avons mis en place tellement de systèmes de défenses afin de nous éviter de ressentir les émotions souffrantes qui y sont liées que notre vie a fini par tourner autour d’elles. Paradoxalement, tout notre système de fonctionnement est orienté vers la protection de nos blessures sans que nous n’ayons véritablement conscience.


Nous leur avons donné inconsciemment le pouvoir de définir qui nous sommes. lI suffit parfois de voir comment nous aimons nous raconter dans nos drames et nos larmes. Ils sont devenus des cases dans lesquelles nous nous enfermons mais que nous connaissons. De façon paradoxale, nos blessures sont à la fois notre insécurité (face au risque de ressentir la souffrance liée) et notre sécurité (le connu).


C’est en acceptant de nous libérer de cet attachement que nous pouvons arrêter de porter notre regard sur nos manques et mobiliser nos ressources pour aller chercher ce dont nous avons fondamentalement besoin. Nous arrêtons d'être figés dans le passé.


Ainsi, une personne qui restera focalisée sur l’enfance qu’elle aura vécu avec des parents toxiques orientera son énergie sur ses blessures et sur les besoins affectifs qui n’auront pas été comblés par ses parents. Elle attendra avec frustration et colère d’obtenir de ses parents une réparation alors même qu’ils n’en seront pas forcément en capacité. En acceptant de lâcher prise, de faire le deuil de cette blessure, elle arrêtera d’attendre inconsciemment une réparation qui n’arrivera peut-être jamais. Elle se donnera enfin les moyens d’aller chercher auprès d’une autre personne, qui fera office de parent symbolique (mentor, accompagnant…), l'expérience nourrissante dont elle a besoin.


Nos blessures ne définissent pas qui nous sommes mais ce que nous avons vécu. Elles demandent à être vues, accueillies et libérées. Pour cela, nous devons aller contre la peur du vide tant elles prenaient de la place dans notre vie. Il y a souvent de grands deuils à faire avant de les laisser aller. Nous devons ainsi dire au revoir à la part de nous qui a été blessée, à celle qui était là pour la protéger, à celle qui était en colère, qui culpabilisait... Le système entier doit se réorganiser et réorienter son énergie. 


Mais à partir de cet espace de lâcher prise, nous pouvons enfin nous autoriser à vivre autre chose.

24 vues

Posts récents

Voir tout