• Marie Bartoleschi

Comme une sensation de déjà vu…


Première semaine du confinement en pleine crise sanitaire du Coronavirus



Il y a quatre ans je faisais un burn out qui me laissait sur le carreau tant physiquement qu’émotionnellement. Je ne m’écoutais pas ; il aura fallu que je sois stoppée net pour que j’entende enfin le message. J’ai longtemps cherché à comprendre pourquoi une telle violence, à lui donner du sens.

Puis est venu le temps de la reconstruction. J’ai dû apprenne à mettre des mots sur l’intensité qui bouillonnait en moi et que j’avais si longtemps tenté d’étouffer jusqu’à l’explosion : hypersensibilité, haut potentiel et plus récemment traits asperger. Autant d’étiquettes qui auraient pu m’enfermer mais qui m’ont surtout permis d’apprendre à me connaitre, à appréhender mes besoins spécifiques, à me reconnecter à moi-même. Cela a été un long apprentissage que d’accueillir véritablement mes émotions intenses, ma sensorialité extrême et ma tendance à la rumination mentale que j’avais si bien mis en cage. Je n’ose imaginer les dégâts que ce que nous sommes en train de vivre auraient pu occasionner si j’avais encore été coupée de moi et de mon monde émotionnel. Ils m’auraient surement conduit à une nouvelle implosion… plus tard… quand l’organisme n’aurait plus été en mode survie.

Il m’a fallu changer profondément et toutes les sphères de ma vie en ont été impactées. Apprendre, grandir, laisser aller certaines choses… Et puis surtout me connecter à ce qui me faisait vibrer, ce qui m’animait : l’accompagnement. Je me suis formée et passionnée pour les processus de transformation. J’en ai fait ma spécialité avec l’accompagnement des personnes aux profils atypiques. Des personnes qui vivront surement avec une intensité sans commune mesure les bouleversements actuels et qui auront besoin d’accompagnants à même de comprendre leurs modes de fonctionnement spécifiques.

Sans le chemin qui a été le mien, sans tous les apprentissages qui m’ont été nécessaires, je ne serais pas en capacité aujourd’hui d’apporter ma contribution dans ce monde en pleine mutation. Un monde qui arrive au bout de ses modes de fonctionnements, de sa non-écoute de ce qui crie depuis si longtemps. Un monde qui se voit arrêté net dans sa course folle…

Derrière chaque crise se cache un renouveau pour celui qui choisit de voir la lumière cachée dans l’ombre. Derrière chaque épreuve se cache un choix : celui de rester à terre terrassé par la violence du coup ou de se relever diffèrent, fort de cet apprentissage.

Cela demande de laisser aller un petit bout de soi (surement ce qui est fondamentalement le plus dur) pour s’adapter à ce qui vient… Mais après le deuil de cette ancienne version de soi, de sa vie d’avant vient toujours le temps de la reconstruction…

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