• Marie Bartoleschi

A l'ombre des grands arbres



Hier, je discutais avec une femme qui souhaite m’interviewer et cette discussion m’a amené à m’interroger sur le message profond que je veux transmettre et incarner. Je crois que fondamentalement, c’est l’idée que la solidité peut s’acquérir. Qui que l’on soit et d’où l’on vienne, la solidité et la guérison relèvent d’un élan conscient. Rien n'est jamais immuable ou irréversible.


On ne peut pas dire que la façon dont je suis entrée dans la vie me destinait à œuvrer pour la solidité personnelle et professionnelle. Mon enfance m’a surtout portée à l’insécurité et à la carence. Ce qui m’a amené à me questionner sur l’origine de cet élan. Qu’est-ce qui fait aujourd’hui que je suis l’accompagnante que je suis et le mentor qui aspire à guider ?


Je n’ai pas eu énormément de modèles de solidité enfant, mais je peux dire que ma grand-mère a déposé en moi les graines qui ont fleuri plus tard. Elle a inspiré juste par qui elle était, la femme que je suis aujourd’hui.


C’était le pilier de la famille. Elle était le ciment qui liait les éléments disparates de la famille, si bien que quand elle a arrêté de l’être la famille n’a plus été unie. Elle avait un caractère tranché et assumé, un petit côté coincé, mais un humour piquant. Je m’assaillais sur son tabouret en formica bleu dans la cuisine et je la regardais cuisiner tout en souriant à ses blagues. Avec ma cousine, elle nous a emmenés visiter l’Europe, lorsque nous étions jeunes. Nous choisissions un pays chaque été et nous partions en voiture avec quelques guides de voyages toutes les trois. Elle a insufflé en moi la curiosité et la résilience.


Elle est morte à 97 ans du Covid. Elle s’est battue plusieurs jours et je me souviens m’être dit à l’époque que ça ne m’étonnait pas d’elle. Au milieu de mes larmes, je gardais en tête avec un sourire que c’était une force de la nature qui aurait adoré emmerder les statistiques.


Je porte son prénom en deuxième prénom : Germaine. Ce n’est pas le prénom le plus sexy, mais il me rappelle cette femme à la force tranquille, droite et solide. Des qualités que j’ai à cœur de développer chez moi. Chaque jour, elle me rappelle que je dois interroger mon propre leadership, regarder avec courage mes espaces de négociations avec moi-même et mes angles morts.


Elle m’invite à incarner un peu plus ma position de mentor car elle m’a appris qu’il suffit parfois d’une petite graine pour faire pousser les grands chênes.
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